Par Mia Gagné Vincent, étudiante au baccalauréat en communication (relations publiques)
31 octobre 2020 : c’est la soirée de l’Halloween. Je trace une fine ligne noire au-dessus de mes yeux à l’aide de mon « eyeliner ». Après avoir noué un foulard dans mes cheveux, j’enfile un joli haut. Je souris, amusée, en apercevant mon reflet dans le miroir; je porte encore mes « sweat-pants », les mêmes que ceux que j’enfile tous les jours avant mes cours. Ce n’est pas grave, personne ne va les voir, me dis-je tout en ouvrant ma caméra sur Zoom et en saluant mes collègues de classe. Cette année, les célébrations de l’Halloween n’ont rien d’une grande fête où nous sommes tous entourés de nos amis.
Une session atypique
La pandémie a incontestablement affecté l’ensemble de la population. Ceci étant dit, j’ai particulièrement une pensée pour les étudiants qui, comme moi, vivent leur première année d’université à distance. Qui ne rêvait pas d’arpenter la rue Saint-Denis et de découvrir ses endroits cachés suite au cours des Théories de la communication, d’aller étudier à la Grande Bibliothèque avec ses nouveaux amis, ou encore, d’assister en présentiel aux fameuses assemblées de l’UQAM?
Des défis
Anxiété, symptômes dépressifs, isolement, problèmes financiers… La pandémie n’a épargné personne et les étudiants n’échappent pas à la règle. Notre première session d’université ne s’est pas déroulée comme nous le souhaitions. En effet, il y a des moments que nous prenions autrefois pour acquis qui nous ont été dérobés du jour au lendemain; aller étudier dans un café avec nos collègues entre deux cours, discuter avec nos enseignants à la fin d’une classe ou dîner – tout en se prélassant au soleil – dans un parc près de notre université. Le manque de contact humain se fait assurément sentir chez tous les étudiants. Former des équipes de travail lorsqu’on ne connaît pas nos camarades de classe n’est pas évident. S’impliquer dans un comité alors que nous n’avons jamais mis les pieds sur le campus ne l’est pas non plus. Les cours à distance sont souvent moins interactifs qu’en classe et les bugs techniques sont fréquents, sans compter l’ambiance de groupe qui ne se compare pas à celle vécue en « présentiel ». Ceci étant dit, les enseignants travaillent d’arrache-pied pour nous offrir des cours de qualité malgré les conditions peu optimales et nous en sommes tous et toutes extrêmement reconnaissants et reconnaissantes.
Un baume sur le cœur
La COVID-19 a amené son lot de défis, mais à la fin de ma première session, je peux affirmer qu’il y a aussi eu du beau dans cette période difficile.
D’abord, les enseignants se sont tous plutôt bien adaptés à cette nouvelle réalité. S’il y a bien une chose qui m’a aidée à traverser cette pandémie, ce sont mes cours. Apprendre derrière un écran, ce n’est pas évident, mais lorsque nos enseignants sont créatifs et compréhensifs, cela facilite beaucoup la tâche. Par exemple, certains professeurs ont utilisé la plateforme Kahoot pour nous aider à réviser la matière de manière ludique et d’autres nous ont placés en sous-groupes à tous les cours afin que l’on puisse discuter avec nos pairs malgré la distance. Quelques enseignants nous incitaient à visionner des vidéos durant le cours ou invitaient des conférenciers dans la classe virtuelle. Somme toute, les professeurs ont fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour rendre la session plus agréable. Ce fut vraiment moins déstabilisant pour moi, à titre de nouvelle étudiante, d’être bien accompagnée tout au long de l’année.
Ensuite, la pandémie m’a aussi donné l’opportunité de renouer avec des passe-temps que j’avais perdus de vue, tels la lecture, l’exercice physique et la marche quotidienne. Pour d’autres étudiants, le confinement leur aura permis de se rapprocher de leur famille, de pratiquer le self-care quotidiennement plutôt que de perdre du temps dans les transports en commun ou même de se faire interrompre par son chat en plein cours!
Enfin, dans certains cas, de grandes leçons ont pu être tirées de cette situation. Par exemple, l’importance de prendre soin de soi et de ses proches ou encore de développer son autonomie. Le confinement nous aura aussi appris à vivre à un rythme moins effréné.
Malheureusement, rien de tout ça ne remplacera les fous rires, les accolades et les regards bienveillants qui n’arrivent pas à franchir la barrière des écrans. J’ai hâte qu’on se retrouve enfin, étudiants et étudiantes de la cohorte 2020! On se croise les doigts pour la session d’automne 2021.

