Lettre aux relations publiques

Par : Julianne Robert

Chères relations publiques,

J’aimerais commencer cette lettre en spécifiant que cela n’a pas toujours été une histoire d’amour, toi et moi, mais au final notre relation en ressort plus forte.

La découverte des relations publiques

C’est un peu dans la confusion et l’ignorance que j’ai débuté mon baccalauréat en relations publiques, en 2014. La jeune collégienne un peu perdue en moi ne savait pas réellement où donner de la tête et avait à peine une image claire de ce en quoi consistait réellement le métier de relationniste. Malgré tout, l’UQÀM m’a bien accueillie. J’ai été surprise par la grandeur des murs, mais d’autant plus par l’énergie et la passion qui émanaient de mes collègues de classe et de ceux qui prenaient le temps de nous transmettre leur savoir. Je me suis tout doucement laissée impressionner et j’ai suivi la vague comme une spectatrice, mais mes compétences de surfeuse laissaient encore à désirer. Cette première année fut de loin la plus stimulante, même si le doute persistait. Les possibilités étaient infinies et je ne savais pas vers quoi me diriger. J’ai terminé cette première année tout aussi confuse qu’à mon arrivée.

Une deuxième année en montagnes russes

J’ai entamé cette deuxième année avec de grandes intentions et un peu de courage dans mon sac à dos. Ce que je ne savais pas, c’est que j’allais en avoir bien besoin. Les cours étaient toujours très intéressants, mais je me demandais si cela n’était pas simplement dû à ma curiosité insatiable ou bien en raison des amitiés que je m’étais forgées au fil du temps. Une chose était certaine, même si je n’étais pas convaincue de vouloir travailler en relations publiques, je n’avais aucune autre idée de ce que je voulais faire. Je me suis dit à ce moment-là que si la théorie ne m’avait pas convaincue, peut-être que la pratique, elle, réussirait. C’est ainsi que j’ai commencé les démarches pour effectuer un premier stage. À l’inverse de plusieurs collègues de classe, j’étais l’une des rares à débuter mes stages en deuxième année. Je vous épargne les détails. En résumé, mon premier stage fut catastrophique. J’enfilais les erreurs, je laissais le stress prendre le dessus et j’avais l’impression d’avoir été frappée de plein fouet par un tsunami. Je me demandais alors vraiment ce que je faisais dans ce domaine et j’ai décidé de prendre l’été pour y réfléchir. Cette deuxième année a de loin été la plus difficile, mais ô combien formatrice émotionnellement et professionnellement.

Terminer sur une note positive

La chaleur, le soleil et la détente ont finalement été d’une grande thérapie. J’ai entamé cette troisième année en donnant une seconde chance aux relations publiques. Encore une fois, je ne peux affirmer si ce sont mes collègues qui m’ont fait revenir ou bien le sentiment d’échec que j’aurais ressenti de ne pas finir ce que j’avais commencé. Avec le recul, je vous dirais que c’était probablement un peu des deux. L’important est que je revenais énergisée, motivée et prête à entamer le dernier blitz. Cette dernière étape commençait bien, car à ma plus grande surprise, une agence me contactait pour m’offrir un stage. Cette fois-ci, je me suis dit que j’allais le réaliser dans un tout autre état d’esprit ; faire table rase de ma première expérience et recommencer à zéro. J’étais zen et pleine de confiance. On m’a attitré de beaux mandats, on m’a laissé de la latitude dans mes décisions et je m’y suis plu comme jamais. Ma vision et mon approche du métier ont complètement changés. J’ai compris à ce moment que ce n’était pas la relation entre les relations publiques et moi qui était conflictuelle, mais bien le milieu où j’allais travailler. Cela a été un déclic important. Il me fallait donc trouver une entreprise où j’allais être bien. Bien avec les mandats, bien avec l’équipe, bien avec moi-même, aussi simple que cela. La fin du baccalauréat approchait et je me sentais déjà nostalgique face à ce périple. Toutes ces heures à étudier, à rencontrer mes coéquipiers pour les travaux… Toutes ces heures de sommeil que je n’ai pas eu et ces litres de café ingurgités. Je tournais finalement la page sur un chapitre marquant de ma vie.

Faire le point

Cela fait maintenant à peine plus d’un an que j’ai graduée et ce que j’ai envie de dire est « Merci ». Merci à ces nouvelles amitiés qui se sont développées et à tous ceux qui ont croisé ma route. Merci à l’UQÀM et au baccalauréat en relations publiques. Je ne retiens pas que du positif, mais avec le recul, ces trois années ont été de loin les plus formatrices. J’ai fait du chemin, même si je me sentais faire du surplace par moment. Je me suis questionnée si souvent, j’ai passé si près d’abandonner, j’ai été confrontée à des personnalités si différentes, mais je n’ai jamais été aussi bien outillée pour affronter le futur. Certains vous diront qu’un baccalauréat n’est qu’un bout de papier. Moi je vous dirais que c’est d’abord et avant tout une grande aventure. Pour moi, le baccalauréat en relations publiques a été significatif et rempli de rencontres extraordinaires. J’y ai développé une connaissance approfondie de qui je suis et de ce à quoi j’aspirais dans la vie. Je partais avec des souvenirs plein les poches. Cela peut paraître cliché, mais je suis convaincue que plusieurs se reconnaîtront dans mon parcours un peu tordu. Au final, même si comme moi, vous vous posez mille et une questions, j’aimerais vous dire que c’est correct de ne pas savoir et de ne pas tout prévoir. C’est correct de se laisser bercer par la vague et non de la surfer.

D’une finissante toujours un peu perdue

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