Par Isabelle Larouche
Après mon baccalauréat en relations publiques, j’ai décidé d’aller chercher des compétences complémentaires en m’inscrivant à la Maîtrise en gestion de projet de l’ESG UQAM. Lors de mes premières semaines de cours, je trouvais difficile de m’intéresser à ce domaine s’adressant, à mon avis, à des ingénieurs. On me parlait de projets d’infrastructures comme la construction du pont Champlain, de programmes de développement d’avions comme la C Series ou de projets de fusion d’usines. J’ai toutefois rapidement réalisé qu’il existe de nombreux points communs entre la gestion de projet et les relations publiques et que des connaissances en communication peuvent même s’avérer un atout pour assurer le succès de projets.
Communication avec les parties prenantes
Quand je repense à ce que j’ai appris durant mes trois ans de baccalauréat, la « communication bidirectionnelle symétrique » est la première chose qui me vient en tête. En fait, ce concept théorisé par Grunig et Hunt signifie simplement qu’il faut échanger avec son auditoire plutôt que d’uniquement lui transmettre des informations. Cela implique une écoute sincère et de l’ouverture. Ce concept bien connu dans le monde des relations publiques est également très important en gestion de projet, puisque les projets ont souvent un impact sur des parties prenantes. Ainsi, un projet sera davantage accepté par ces dernières si les promoteurs écoutent leurs commentaires et qu’ils sont prêts à adapter leur plan de projet en fonction des enjeux de chacun.
L’importance de la réputation
En gestion de projet, on aime calculer le retour sur l’investissement. On utilise entre autres un concept du nom de « valeur actuelle nette » (VAN) qui sert à estimer si les flux monétaires engendrés au fil du temps rembourseront l’investissement initial. On cherche donc à savoir si le projet sera rentable ou non, et de combien. Il ne faut toutefois pas oublier que le retour sur l’investissement n’est pas toujours mesurable. En effet, en relations publiques, on mise principalement sur la réputation, un concept qui se travaille à long terme. Par exemple, des dépenses en communications numériques, en relations de presse ou en marketing d’influence peuvent contribuer à la notoriété du projet, au sentiment d’appartenance des parties prenantes envers celui-ci et même favoriser son acceptabilité sociale. Cela n’engendrera pas de profits immédiats, mais contribuera probablement au succès du projet. Mon baccalauréat m’a donc appris à également considérer ces aspects au moment d’évaluer la faisabilité d’un projet.
La responsabilité sociale des entreprises
On sait tous qu’en 2018, il est important de se soucier de l’environnement. Par contre, j’ai appris au baccalauréat que la responsabilité sociale des entreprises va bien au-delà de la protection de la planète. De manière générale, et dans le cadre de projets, les organisations doivent porter une attention particulière aux aspects sociaux et économiques en plus des aspects environnementaux. Ainsi, l’approvisionnement local, l’appui de causes sociales ou la parité homme/femme, pour ne nommer que quelques exemples, sont tous aussi importants à intégrer à la conception d’un projet.
La gestion des commandites
Je travaille présentement en gestion de projet événementiel. Dans cette industrie, les commandites sont extrêmement importantes puisqu’elles financent une grande partie des projets. En relations publiques, j’ai appris à trouver un fit entre la marque et l’événement, puis à réfléchir à des manières originales de faire vivre l’essence de la marque au public. Cette démarche permet de proposer une visibilité pertinente et personnalisée à chaque commanditaire et ainsi, de répondre aux attentes de l’une des parties prenantes les plus importantes du projet.
Méthodes rédactionnelles
Cela peut paraître banal, mais en apprenant à rédiger un communiqué de presse, j’ai appris à écrire de manière à ce que la principale information soit la première chose lue et que le message soit compris en quelques secondes. Cela m’est d’une grande utilité lorsque vient le temps d’écrire des courriels importants dans le cadre de projets puisque personne ne retiendra l’information si le message est trop long et qu’il manque de clarté. Ainsi, lorsque j’ai plusieurs informations à communiquer, je divise mon texte en paragraphes et je les entrecoupe de sous-titres significatifs. J’essaie également de mettre un objet clair et je n’hésite pas à mettre en gras les mots importants pour faciliter une lecture en diagonale.
Bref, même si la gestion de projet peut sembler intimidante lorsqu’on vient du milieu des communications, je considère qu’au contraire, une expertise en relations publiques constitue une force extrêmement pertinente dans un contexte de projet.
