Par Laurianne Francoeur, étudiante au baccalauréat en communication (relations publiques)
Dans cet article, Laurianne nous partage sa réflexion quant au métier de relationniste : les origines, la réputation et les défis de la profession.
Une vision désuète
Cet été, alors que j’ai mentionné que j’étudiais en relations publiques, on m’a demandé s’il s’agissait d’un programme sur « l’art de mentir ». On m’avait informé que des commentaires comme celui-ci pourrait m’être adressé à la mention de mon futur métier. Ceci étant dit, c’étai la première fois qu’on me faisait la remarque hors d’un contexte scolaire. La question m’a prise au dépourvu. J’ai dû réfléchir sur la façon de répondre adéquatement à ce commentaire, ma réponse étant : non.
Un bon relationniste se doit d’être transparent. Mentir n’est pas une option et ne fait que détériorer l’image de celui-ci et de l’organisation qui pour laquelle il offre ses services. Dans ces conditions, pourquoi continuons-nous à avoir une mauvaise opinion des professionnels qui veillent à la réputation des entreprises ? La profession évolue aussi rapidement que nos collectivités; elle s’est adaptée aux attentes sociétales et à ses valeurs.
Un peu d’histoire
L’aspect historique joue bien sûr un rôle important dans la réputation de la profession. L’absence d’encadrement ayant été observée par le passé a de toute évidence remise en question l’éthique des relations publiques.
Le meilleur exemple de cette situation : Edward Bernays et les Torches of Freedom de 1929. Lors de cette campagne, le père de la profession avait organisé un mouvement qui se voulait « émancipateur » pour les femmes. En effet, on y encourageait les femmes à consommer du tabac de manière à déclarer une forme de libération; à cette époque, il était pourtant mal vu pour les femmes de faire ainsi, le geste étant vu comme vulgaire. Toutefois, aucune des participantes à la marche ni les membres du public ne savaient que cette initiative « féministe » n’était qu’un grand coup publicitaire pour l’entreprise de cigarettes Lucky Stripes…
On peut donc comprendre qu’il soit difficile de convaincre le public qu’une industrie veuille faire preuve de transparence alors qu’elle a débuté dans le mensonge et la cachotterie. Il y a certains scandales que le public a de la difficulté à oublier. Ceci étant dit, il est important de considérer l’évolution des relations publiques et des pratiques d’aujourd’hui, qui vont bien au-delà des stratégies avancées par Bernays.
La méconnaissance de la profession : un aspect nuisant à la réputation du métier
Le 24 septembre dernier, pour donner suite au discours du Trône organisé par le Premier ministre Justin Trudeau, on retrouvait plusieurs articles dans l’Actualité se demandant si cette prise de parole de la Gouverneure générale comprenait des points importants à communiquer aux citoyens ou s’il s’agissait plutôt « d’un simple exercice de relations publiques ». Ce questionnement était basé sur le fait que le gouvernement Libéral sortait tout juste du scandale WE Charity ; lors duquel, rappelons-le, nous avions découvert que les proches du Premier ministre avaient eu affaire avec la fondation.
Compte tenu du fait que les relations publiques orientent la majorité des événements politiques, il semble que la mention « d’un simple exercice de relations publiques » soit basée sur des idées préconçues face à la profession. De telles analyses publiées dans les médias infirment le rôle du relationniste qui possède lui-même des tâches variées visant la transparence, l’intégrité et l’acceptabilité des organisations. Enfin, le ton péjoratif employés par certains dans l’actualité prouve que notre métier n’est pas encore totalement compris de la société. Ce qui est bien dommage, puisque les relations publiques vont bien au-delà du paraître.
La nécessité d’une profession
Pour qu’un public saisisse adéquatement la position des organisations, l’information qu’on lui fournit doit être pensée de manière stratégique ; elle doit être pertinente, efficace et sensible aux attentes de ce dernier. De plus, le relationniste est essentiel puisqu’il détient la nouvelle pour le journaliste, l’information pour le public et l’expertise communicationnelle au cœur des organisations ; au sein d’une société en pleine transformation, il est crucial de bénéficier de cette dernière si on souhaite s’adapter adéquatement aux changements de l’environnement. Enfin, tant que le professionnel agit de manière éthique et transparente, il est, selon moi, en mesure de répondre à un réel besoin sociétal.
Un défi à relever
Réflexion faite, il est important de préciser que tous les événements médiatisés ont un point en commun : la communication. Sans celle-ci nous ne serions pas en mesure d’approfondir nos connaissances et d’apprendre du passé. Cessons donc de parler de tromperie et continuons à développer la profession afin de la peaufiner et de la rendre plus accessible. Pour relever ce défi, nous, jeunes praticiens, aurons un important rôle à jouer pour redresser la vision portée à l’égard du métier


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