Les stages en télétravail : un sujet revisité

Par Josiane Bélanger-Riendeau, étudiante au baccalauréat en communication (relations publiques)

Un article qui parle de la pandémie et de ses répercussions; oui, mais de façon optimiste. Dans ce texte, Josiane se penche sur la réalité d’aujourd’hui : la COVID-19, qui marque indéniablement le parcours universitaire des étudiants actuels en relations publiques, force les étudiants à compléter leurs stages en télétravail ou en mode hybride.   

Les défis perçus au temps de la COVID-19

Tout d’abord, il est important de mentionner que les relations publiques sont essentielles, car elles sont au cœur des communications entre les organisations et leurs publics. Il va sans dire que les relationnistes ont leur place au sein de la crise pandémique actuelle : « [ils] jouent un rôle important dans toute crise et la COVID-19 ne fait pas exception » (Infopresse, 2020). De ce fait, notre expertise s’avère une plus-value au sein des organisations. Ceci étant dit, ma réflexion se rapporte à la question suivante : comment y trouver notre place en tant que stagiaire… à distance ?

Les relations publiques sont en constante évolution. Depuis quelques mois, ses pratiques sont effectivement en adaptation et sont sujettes à de nombreux changements. C’est pourquoi, en tant que futurs professionnels, nous devons également nous y adapter. Alors que l’adoption du numérique se fait sentir de manière excessivement rapide, la pandémie actuelle remet en question nos habitudes de vie et notamment notre façon de travailler. Ces changements, qui influencent directement la manière dont on doit remplir les exigences de nos stages durant notre parcours universitaire, représentent un réel défi à première vue.

Deux stages obligatoires peuvent paraître comme un obstacle énorme au cours de la réalisation d’un baccalauréat… en pandémie. Comment se trouver un stage alors que le contexte économique n’est pas nécessairement à son plein essor ? Comment vendre son expertise en tant que stagiaire à distance ? Pouvons-nous apprendre autant d’un stage lorsqu’il se déroule – majoritairement ou complètement – en télétravail ? Dans cet article, j’exposerai d’abord ce que je pense des stages en télétravail en tant qu’étudiante de troisième année au baccalauréat, l’ayant moi-même vécu à l’été et à l’automne 2020. Par la suite, je partagerai l’avis de certains professionnels du milieu qui ont vécu – et qui vivent encore – cette réalité au sein de leur organisation. Enfin, cet article aura pour objectif de dresser le portrait des stages en télétravail.

Une expérience enrichissante

J’ai moi-même soulevé les questionnements mentionnés précédemment dès le début de la pandémie. Ayant un stage prévu en juin 2020, je ne savais pas ce qui allait se passer. Plusieurs stages se voyaient reportés, annulés ou accommodés. Dans ce contexte, d’autres changements ont pu être observés. Effectivement, l’UQAM a adapté ses exigences : malgré qu’elle favorise les stages en mode hybride, elle accepte également les stages en télétravail depuis l’hiver 2020.

Pour ce qui est de mon stage, il a finalement débuté à la fin du mois de juin et il s’est entièrement déroulé en mode télétravail : 280 heures au Service des relations internationales et diplomatiques (SRID) à distance. Encore à ce jour, je n’ai toujours pas rencontré les membres des équipes avec qui j’ai travaillé. Ceci étant dit, cette situation ne m’a pas empêché de m’intégrer au sein de l’équipe et d’y faire ma place. Il est vrai que plusieurs obstacles peuvent être soulevés en lien avec les types de stages mentionnés un peu plus haut, mais ces derniers peuvent également permettre d’atteindre un nombre considérable d’objectifs d’apprentissage. J’ai acquis énormément de compétences en développant une autonomie et une confiance professionnelle, en acquérant des réflexes stratégiques en tant que future professionnelle en relations publiques, en développant des liens avec mon équipe de travail ainsi qu’en faisant des liens entre les notions apprises au cours de mon baccalauréat et le milieu professionnel.

Quelques commentaires

Neko Likongo, directeur du SRID, mentionne que malgré le fait que toute l’équipe travaille à distance depuis six mois, les interactions entre les membres du Service sont nombreuses, positives et plus centrées sur les tâches à accomplir. De plus, grâce aux plateformes de visioconférence, le travail en équipe est réalisé de manière efficace, sans compter que des suivis peuvent facilement être effectués de façon quotidienne ou hebdomadaire. Il souligne le fait qu’on peut même caractériser le suivi de « plus assidu » au sein de l’organisation et entre les collègues de travail, comparativement à celui fait en mode présentiel. Il considère ainsi que les stages en télétravail ne sont pas du tout un obstacle à l’apprentissage. Au contraire, on atteint les objectifs de façon efficace. Il admet que ce n’est pas la même expérience qu’en personne et qu’il faut reconnaître les limites du virtuel. Ceci étant dit, on a beaucoup à gagner à s’adapter à cette nouvelle réalité : « Je ne vois pas vraiment ce qu’on a à perdre à faire un stage en télétravail. Les consignes à fournir, le travail à accomplir, la supervision à effectuer de même que la rétroaction : tout peut aisément se faire en mode virtuel, même si cela est moins chaleureux. », précise le directeur du SRID, Neko Likongo.

Certains peuvent également percevoir de façon plus marquée la complexité des stages dans le contexte de la COVID-19. En effet, Éric Santerre, président et directeur de compte chez TöK Communications a son mot à dire concernant les obstacles de cette nouvelle réalité : « Les stages en télétravail ont du bon et du mauvais. En tant qu’employeur et superviseur de stage, [il est] difficile pour moi de dire que ça n’a que du bon. Oui, effectivement, le stagiaire est amené à développer certaines compétences qu’il n’aurait pas développé autrement, mais vis-à-vis de l’évaluation du stagiaire c’est plus complexe. […] Tout le monde n’a pas le même niveau d’autonomie et de responsabilisation nécessaire au télétravail, surtout dans un contexte de stage, où l’encadrement est important. Cependant, certaines personnes vont préférer justement la liberté qu’offre le télétravail ».

Dans cet ordre d’idées, Manon Richard, superviseure de stages en relations publiques à l’UQAM, admet que plusieurs stagiaires lui partagent qu’il est difficile de bien s’intégrer au milieu de stage et de créer des liens avec leurs collègues dans un contexte de télétravail. C’est un obstacle potentiel à cette réalité et il faut en tenir compte. Par ailleurs, beaucoup sous-estiment les stages en télétravail et pensent que l’expérience est moindre qu’en présentiel. Je l’admets, l’ayant moi-même vécu : les relations de travail et les rencontres sont extrêmement différentes – sans dire moins humaines -, mais je crois tout de même que c’est une alternative remplie de potentiel.  Les stages en télétravail sont une excellente opportunité de découvrir de nouvelles compétences professionnelles. En effet, ils nous apportent une autonomie, une confiance et une initiative que nous aurions probablement pris plus de temps à développer dans une situation différente, où un encadrement et un soutien physique auraient été présents.

Enfin, durant mon stage à l’été 2020, j’ai non seulement travaillé pour le SRID, mais j’ai également fait affaire avec le Service des communications, plus précisément avec Jenny Desrochers et son équipe. Sachant que la Division des relations avec la presse et événements spéciaux de l’UQAM accueille des stagiaires et des étudiants employés depuis de nombreuses années, son avis sur le sujet est selon moi significatif. Jenny Desrochers mentionne que :

« La supervision des stagiaires et des étudiants employés se poursuit de manière très efficace, grâce à leurs aptitudes technologiques, entre autres. Avec l’éloignement, il y a un défi plus grand de laisser ces personnes à elles-mêmes. Ainsi, la clé est de planifier des rencontres virtuelles, sur une base hebdomadaire au minimum, ce qui remplace les suivis « dans le cadre de porte » faits en présentiel! Souvent, 30 minutes suffisent pour faire le tour du dossier. Je suis convaincue que les personnes qui ont entrepris un stage dans le contexte actuel tireront leur épingle du jeu, car les milieux de travail sont appelés à changer en raison de ce contexte; ne serait-ce qu’avec l’accroissement du télétravail, qui mène à l’acquisition de nouvelles compétences pour les diplômés, [ces derniers] feront [une] entrée imminente sur le marché du travail. »

Somme toute, il est important de rester à l’affût des opportunités qui s’offrent à vous et de rester ouvert aux possibilités que peuvent allouer les stages en télétravail ou en mode hybride. Qu’ils soient en mode présentiel ou non, les stages restent significativement utiles puisqu’ils nous permettent d’accroître notre apprentissage personnel et nos compétences professionnelles.

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